lundi 8 avril 2013

Rhône trop bas, péniches échouées, mais à qui la faute?

Week-end d'hiver, on se réveille avec la désagréable sensation d'avoir trop bu ! ça penche et on trébuche au sortir du lit... Damned, il n'y a plus d'eau dans le Rhône, les bateaux sont posés sur une plage, que dis-je, une dune !
Quelle est l'origine de ce dysfonctionnement sur le Rhône Lyon intra muros ?


•    L'ensablement d'abord, qui a de multiples causes dont la résolution permettrait de limiter la progression. 
Petite analyse historique: En 1987 des dragages intempestifs dans le chenal d’origine du Rhône pendant près de 2 ans ont eu des conséquences imprévues : le bris des digues sub aquatiques construites le siècle dernier pour diriger le courant vers le centre du fleuve et éviter les contre-courants; la création de fosses profondes (15 à 17m alors que le lit normal au centre du fleuve est de 10m au maximum);  la disparition du lit de graviers au fond du lit du fleuve au profit d’un lit de sable volatil ; la création de tourbillons de courant dans ces fosses et donc de contre-courants vers les bords du fleuve. Le sable se dépose donc en bordure et s'accumule. Plus il y a de "dunes" de sable, plus le courant faiblit et plus les sédiments se déposent...


 


-       Une baisse radicale du niveau d’eau du fleuve : en hiver, la Compagnie Nationale du Rhône fait turbiner ses barrages pour produire plus d'électricité (surtout les week-end). De ce fait, le niveau du fleuve descend au minimum de la norme de l’étiage : côte NGF 162,50 m,  alors que les bateaux flottent à 162,52 NGF
-       Des crues (et décrues) particulièrement lourdes en sédiments: les crues en se retirant, déposent leurs sédiments, d’autant plus que le niveau d’eau revient TRÈS bas (162,50 NGF) en sortie de crue. Il n’y a plus de courant pour pousser les sédiments vers le large; de plus, des chasses de nettoyage des barrages provoquent un  afflut de sédiments qui partent dans le courant (ces chasses ont été nombreuses et longues, particulièrement en 2012)
-       La présence d’obstacles en fond de rivière et à proximité des berges : piles de pont très larges avec enrochements proches du bord, parfois issus d'anciens ponts détruits;  présence d'épaves et divers obstacles le long des berges : divers tuyaux et déchets importants, barrières métalliques, vélos etc...
Nota : ce qui flotte ne forme pas obstacle à moins d’être très proche du fond.

Pour éviter cet ensablement des berges, il faut donc draguer.  Ces dragages sont normaux tous les 10 ou 15 ans environ: un fleuve, ça s'entretient. 
Mais sur le Rhône Lyon intra- muros, en raison des causes analysées ci-dessus, la nécessité de dragage est devenue plus fréquente. 
Il faut aussi noter que plus on attend pour résoudre ces dysfonctionnements, plus le sable s'accumule en ralentissant le courant et plus l'ensablement progresse de façon exponentielle ! Le sable appelle le sable!

Les solutions pour espacer les dragages qui coûtent cher à la collectivité :
faire procéder à une étude bathymétrique et hydrologique, décrivant les phénomènes et causes avec précision
supprimer ou enterrer plus profondément les principaux obstacles posés au fond : tuyaux,  déchets divers, enrochements inutiles et autres épaves
veiller à ce que les niveaux d’eau ne baissent pas brutalement en dessous de la norme de flottaison des bateaux
combler les fosses avec du gravier ou des galets (pas du sable !)
nettoyer les bas des piles de pont et s’assurer que le courant passe entre la berge et la pile la plus proche de la berge en enlevant les obstacles qui s’y opposent.

Le Grand Lyon, concessionnaire de la partie du Rhône intra-muros s'arrache les cheveux. L'analyse pourtant simple ci-dessus ne parvient pas à les convaincre d'agir.
Dommage! Un si beau lieu que sont les berges du Rhône, fleuron urbanistique de Lyon, devrait retenir plus d'attention et d'égards...

dimanche 17 février 2013

Ioanina coule !

Décidément, mon dernier post était prémonitoire!
Hier soir, branle bas de combat sur les bas-ports: la péniche qui avait brulé en Septembre dernier était en train de couler !
Pompiers, habitants des péniches voisines, chacun y allait de ses conseils pour renflouer Ioanina dont les hublots, béants après l'incendie, engouffraient l'eau du Rhône. Et le bateau glissait dangereusement vers le large sur le fond incliné du Rhône. Les amarres étaient tendues à craquer...
Les pompiers étaient seulement chargés de mettre le bateau en sécurité.  Si bien qu'une fois que le bateau fut stabilisé au fond, il ne risquait plus de glisser plus loin. Heureusement (une fois n'est pas coutume de dire cela!) que le sable de la dernière crue avait formé une plage, donc un niveau d'eau très bas qui a permis à Ioanina de... couler en toute sécurité !
On attendra lundi que l'entreprise de renflouage prenne les dispositions nécessaires: sans doute souder des plaques pour boucher les hublots puis pomper, pomper, pomper... puis découvrir la voie d'eau origine de l'accident, la boucher et enfin évacuer le bateau qui flottera à nouveau.
Pas une partie de plaisir!
Morale de l'histoire: un bateau doit être surveillé et équipé de signaux sonores de détection d'eau. Car une fois que l'eau a atteint les ouvertures, ça va TRÈS vite!
1er Mars 2013
Bonne nouvelle ! Ioanina a été renflouée en bouchant toutes les ouvertures et après pompage. Le bateau est en route pour le chantier naval !

vendredi 28 décembre 2012

Impressionnant !

Voici deux photos récupérées de la photothèque Solvay : la péniche N° 98  de la flotte Solvay (flotte dont Balthazar est issue),  est en fâcheuse (très fâcheuse) position...


jeudi 20 décembre 2012

Ah les arbres!

Sur les bas ports du Rhône poussent les arbres.
Et c'est tant mieux! au printemps, ils résonnent des gazouillis des oiseaux et abritent les promeneurs par les jours de canicule. Et en hiver, la neige les pare de son blanc manteau!
Le Grand Lyon, a veillé, lors de l'aménagement des bas ports du Rhône, à re-planter certaines espèces originaires du Rhône depuis des décennies. Certains ont poussé spontanément. C'est très beau !
Mais voilà, il faut les entretenir! et qui va donc faire cela???
Vaste question! Les propriétaires de péniches taillent un peu, mais sans savoir-faire réel et dernièrement, un grand et gros robinier (famille des saules) s'est déraciné et est tombé sur une des péniches, ne lui causant aucun dégât fort heureusement. Les pompiers sont prestement intervenus pour dégager la péniche et découper l'arbre pour le dégager.
Donc la question reste entière: qui doit s'occuper de ces arbres?

dimanche 14 octobre 2012

Quand le Rhône s'acharne sur ses péniches...

- Balthazar recherche... son hélice, passée par le fond lors de son dernier déplacement
- Djoliba conseille... de bien vérifier le guideau en cas de panne moteur... (expérience vécue de largage de l'ancre au milieu du Rhône!)
- Boulevard de l'Océan a trouvé... comment faire un bâtard d'eau quand on a une fuite sous la ligne de flottaison
- Babylone remercie... les pompiers-plongeurs pour leur dextérité à renflouer son hors-bord
- et Ioanina prie... pour que le chantier naval de St Jean de Losne parvienne à remettre le bateau au carré.
Pfuittt ! y'a pas eu mort d'homme mais quand même... c'est sportif d'habiter sur une péniche ces temps-ci!

mercredi 10 octobre 2012

les bas ports du rhône "en rond"

Merci à la photographe Maté de Fournoux, qui nous envoie cette vue originale des bas-ports. Elle s'est spécialisée dans ce type de prise de vue (en rond, c'est son secret!) et arpente les quartiers de Lyon pour enrichir son portfolio. Son exposition à l'orangerie du Parc de la Tête d'or, avec les "Gens d'image", a été très remarquée. Si vous voulez en voir d'autres, allez sur son site <http://www.les-gens-dimage.org/new/adherent/mtf/>

dimanche 7 octobre 2012

Vent du Sud de Charles Vallois

Voici en cadeau pour les amoureux du Rhône, un poème écrit par Charles Vallois, avec l'autorisation de l'auteur. Vous pouvez retrouver d'autres oeuvres de Charles sur http://charlesvalois.blogspot.fr/

Vent du sud
Vent de folie
Le Rhône se prend pour la mer
Il vaguelette, il moutonne
Et sur son dos nu qui frissonne
Viennent se reposer les mouettes

Etourdies, troublées, surprises
D'être saisies en plein coeur
De la ville aux tempes grises
Qui traîne là ses langueurs
(pour lire la suite, cliquez sur le titre)