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jeudi 26 janvier 2017

La faune du Rhône

Les habitants des péniches sont aux premières loges pour observer la faune du fleuve.
Ils en prennent grand soin, même si parfois ils râlent en voyant les castors grignoter les arbres de la ripisylve. Alors, il faut grillager les troncs vite vite pour ne pas voir les arbres dégringoler !


Voici quelques spécimens parmi les plus remarquables.

Les poissons d'abord!
Pas bêtes, il se réfugient entre les péniches et la berge pour ne pas subir les attaques affamées des cormorans.

Des milliers de poissons entre les péniches et la berge - photo de Jérome

Le  cormoran est un oiseau plongeur qui peut rester jusqu'à une minute sous l'eau et avale 400 gr de poisson par jour, soit 164 kg en un an et 50 fois son propre poids. C'est en cela un prédateur!
le cormoran prend son envol - photo de Julien

 Il y a aussi des hérons cendrés qui se perchent sur nos amarres et surveillent les mêmes poissons... ah la la sale temps pour les poissons!
un héron cendré qui dort tranquillement
Et puis, récemment, un martin-pêcheur aux couleurs éclatantes... encore un qui aime bien les poissons!
un martin-pêcheur avec sa proie
Côté canards, il n'en manque pas. Ils ont coutume de pondre leurs oeufs dans nos jardinières et à l'éclosion, ils sautent dans l'eau comme si ils avaient fait ça toute leur vie (et pourtant c'est haut une péniche!).

Venu d'on ne sait où, un canard mandarin cohabite gentiment avec les canards de nos contrées. Comme quoi, oui oui oui, migration peut rimer avec vivre-ensemble!

le canard mandarin et son copain (ici une femelle col-vert)

Passons aux rongeurs maintenant!
Peu de rats communs sur les bords du Rhône, mais des ragondins (famille des castors et pas des rats!), ces merveilleux animaux à la fourrure dense et brillante sont herbivores essentiellement , mais ne dédaignent pas les moules d'eau douce.
ragondin qui se régale des petites herbes


Et puis, je vous avais promis les castors. Ils sont énormes :  1 bon mètre de long sans la queue. Ils arrivent en général le soir venu et adorent croquer les écorces de saules. Pas sauvages du tout, vous les chassez mais ils reviennent de plus belle une fois que vous avez le dos tourné! 
C'est pour les arbres que c'est le sale temps avec eux! 
On a même vu un chien se précipiter à l'eau pour tenter d'en attraper un, mais le castor ne s'est pas laissé impressionner. Il s'est éloigné d'un coup de queue et est revenu, cinq minutes après que le chien tout penaud ait abandonné!
castor à l'affut d'un beau saule bien croquant!

et voilà le travail!
Bon, on n'oublie pas les cygnes qui sont légion et chaque matin, tapent du bec sur la coque de nos bateaux, côté fenêtre de la cuisine, pour récolter le bout de pain du petit-déjeuner. Attention, ils ne sont pas très sympa et n'hésitent pas à vous chopper le doigt avec le bout de pain!
 
Au printemps, les petits cygnes naissent. Il sont transportés sur le dos de leur maman et vont rester gris pendant encore quelques mois, avant de prendre leur belle couleur blanche immaculée.





vendredi 9 décembre 2016

la ligne de lumière des péniches

Le 8 Décembre, c'est la tradition à Lyon, on fête la Lumière avec des lumignons aux fenêtres*.

C'est ce que nous faisions jusqu'à présent, avec des petites bougies sur tous nos hublots, comme tous les habitants de Lyon.
Mais cette année, Florent eut une belle idée: faire flotter une ligne de lumière de la péniche-logement la plus au Nord, jusqu'à celle la plus au Sud. Quand même 700 mètres... nous doutions!
Mais nos énergies positives réunies, qu'à cela ne tienne! Prestement 100 lumignons flottants ont été acquis avec 700 mètres de corde et le soir du 8 décembre, nous avons disposé et allumé nos 100 lumignons qui ont formé une ligne de lumière depuis le pont De Lattre jusqu'au pont Lafayette, soit un tous les 7 mètres.
Pas facile facile et l'équipage du hors bord de Guy a été sollicité pendant plus de 2 heures dans le froid du soir...
Motivés nous sommes!
Bon il faudra sans doute améliorer le système car nos lampions flottant, choisis en cartons pour ne pas polluer le Rhône avec du plastique, ont duré trop peu de temps.
Mais ce fut une belle aventure collective et nous ne l'oublierons pas de sitôt!
 
la pose des lumignons


oui oui, sur 700 mètres!


et une fois allumés, le soir...


pas mal, non?




* L’histoire du vœu des Échevins
Une première église dédiée à la Vierge est construite à Fourvière en 1168. Elle est ravagée lors des guerres de religions qui opposent catholiques et protestants (1562). Restaurée, elle accueille les voeux successifs des habitants et des échevins face aux épidémies. Le 8 décembre 1643, les édiles et conseillers municipaux de l’époque (le prévôt des marchands et les échevins), montent à Fourvière pour demander à la Vierge Marie de protéger la ville de la peste qui arrive du sud de la France. Ils font le voeu de renouveler ce pèlerinage si Lyon est épargnée. Ce voeu est toujours honoré le 8 décembre.

lundi 24 octobre 2016

Nettoyer les fleuves, les habitants des péniches s'y collent!


 



Samedi, c'était le nettoyage de la Saône avec l'ALUVE.
Les bateaux de l'ARAHF, venus du Rhône avec leurs hors bord, étaient au rendez-vous.
Armés de pinces, de filochons et de grands sacs poubelle, les habitants des péniches avaient sorti les annexes de leurs bateaux (bateaux à rames, hors-bord et même un canoé), pour explorer les abords du fleuve et ramasser les détritus.
Résultat de la matinée? plus de 20 sacs poubelles bien pleins que nous avons soigneusement triés avec l'association We Waste: recyclables d'un côté, verres de l'autre et enfin non recyclables (sacs plastiques, mégots, morceaux de ferrailles rouillés...).
Et puis des objets improbables: une statue, moult barrières, lunettes de WC, roues de vélo, panneaux de signalisation, couvertures bien imbibées et autres détritus indéterminés !

Le prochain "coup de balai" aura lieu sur le Rhône qui en a aussi bien besoin.
Ah la la, quand comprendra-t-on qu'un fleuve n'est pas une poubelle...
Quelques photos pour mieux se rendre compte et rendez-vous sur notre page Face Book ARAHF ou celle de l'ALUVE.


on attrape tout ce qu'on peut   

une belle récolte!
ah les mégots sur les bords (ceux dans l'eau, on n'a pas pu!)

et voilà ce qui nous attend sur le Rhône!


mercredi 28 septembre 2016

Petites réflexions sur l'habitat alternatif

Yourtes, containers aménagés, roulottes, maisons sur roues... et bateaux logement. Une autre forme d'habitat se développe, dans ou hors des villes. Quand on interroge les adeptes de ces habitats alternatifs, on trouve toujours la notion de liberté. Auparavant réservé aux marginaux, ce type d'habitat procède plutôt de la recherche d'un art de vivre que d'un acte réfléchi et rationnel.


Sur le site de "vivre autrement", on lit: 
« Depuis que l'Homme s'est sédentarisé, nous avons vécu  dans ce besoin de contrôle et de possession de la terre. N’arrivons nous pas à un nouveau virage de nôtre ère ? Les êtres humain changent, le monde bouge…  des tentatives de vivre autrement se multiplient. Certains ont déjà franchi le pas vers un autre mode de vie. Loin des critères habituels de la propriété immobilière, ils ont choisi de vivre à leur façon, simplement. Entre expériences fragiles, utopies avortées et celles qui se poursuivent, chacun de ces parcours donne à tous, l’occasion de réfléchir à nos choix de vie."

Il faut sans doute un peu de folie pour accepter de ne pas posséder la terre sur laquelle on a décidé de vivre. Un peu de courage pour braver le qu'en-dira-t-on, faire accepter sa différence de choix de vie et cependant demeurer aux yeux de tous un citoyen comme les autres avec les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits.


C'est ce qu'ont choisi les habitants des 2500 péniches-logement en France. Des familles riches de leurs différences tant au niveau de l'âge, des professions que des origines sociales, et toutes unies par leur amour du fleuve.

Oui, c'est un choix exigent, d'acheter la péniche nue, l'aménager, trouver l'emplacement, assurer les mises aux normes, s'acquitter des taxes d'occupation du domaine public et apprendre à vivre avec les caprices du fleuve.

Mais une fois ces contraintes nécessaires assumées, quel bonheur tout simple de vivre ainsi sur l'eau, dans la ville qu'on a choisie, en harmonie à la fois avec l'urbain et l'humain.







dimanche 26 juin 2016

les péniches du Rhône épisode 6 : Océan

La péniche Océan, est un modèle Freycinet, construite en 1931, en Belgique. Elle transportait du ciment et initialement comportait 13 cuves/silos (comme Agone - voir article précédent) dont certaines ont été ré-utilisées lors de sa transformation en logement, dans les années 1985 par son premier propriétaire, un musicien contre-bassiste de métier. Il la nomma Boulevard de l'Océan, devise devenue pour plus de simplicité Océan.
Le moteur est un Berliet de 150ch  refroidi par un Keepcooling sous la coque. 


La transformation en logement: 
Au chantier naval de St Jean de Losne pour transformation
Florent et Nathalie, les propriétaires actuels y habitent depuis 2010. Ils l'ont entièrement rénovée tout en veillant à conserver la même structure pour garder son authenticité et son originalité : par exemple, les demi-cuves ont été conservées (l'une contient la salle de bain), et les sommets des coupoles ont été transformés en puits de lumières.
Des fenêtres ont été ouvertes dans la coque, afin de profiter de la vue sur le fleuve. Soucieux de l'environnement (Florent est technicien en énergies renouvelables), ils ont pourvu la péniche d'équipements économes en énergie:  un chauffage central basse température et sur les murs (qui sont isolés en ouate de cellulose), des tuyaux d’eau chaude recouverts de terre de Royan.

chauffage basse température, "murs"isolés en ouate
 La famille utilise quasi exclusivement des produits bio-dégradables et recyclables; les fenêtres et portes intérieures de séparation des pièces ont été récupérées dans des décors de théâtre... Et les vélos sont alignés sagement sur le bateau, pour des déplacements doux que ce soit pour les loisirs ou le travail !
Florent étudie de près un système solaire pour fournir l'électricité. Et promis, il en fera profiter tous ses voisins !
Il faut dire que les habitants des péniches logement sont passés maitres en l'art de mettre leurs ressources en commun et faire que le collectif prime sur l'individuel.

La vie à bord:
Une famille recomposée qui a trouvé l'endroit où réunir les deux familles et les désirs de chacun. Nathalie souhaitait vivre au cœur de la ville et Florent à la campagne!  Cette forme d'habitat entourée de nature sur l'eau et au coeur de Lyon a pu réconcilier les contraires. Les 3 enfants, bien que 2 travaillent ou fassent leurs études ailleurs s’y sentent bien.

Ah les enfants! 

Au tout début de leur installation sur le bateau, les deux jeunes adolescents turbulants, en chahutant sur la terrasse, ont fait céder un poteau du bastingage, ce qui leur a occasionné une belle chute dans le Rhône. Léa avec ses chaussures à talons hauts de 20cm, le portable à la main n'avait qu'un seul souci en gardant le bras hors de l'eau au risque de ne pas pouvoir nager: ne pas mouiller son téléphone ! Florent, entendant les cris, sauta de la fenêtre de la salle de bains où il prenait une douche, pour plonger, nu comme un ver, récupérer sa belle-fille chérie ! Heureusement, il n'y avait pas trop de monde sur le bas port et le temps était clément !! Ce sont les petites aventures de la vie sur la fleuve!


L'Océan sur le Rhône, il fallait y penser, c'est peut-être le secret pour vivre heureux ?



dimanche 5 juin 2016

les péniches du Rhône épisode 5: Barnum - une fille et son bateau






Il était une fois, une petite fille qui adorait les bateaux. Elle en fabriquait, elle les contemplait, les observait s’éloigner et revenir de leur voyage, allégorie des rêves aux trésors secrets.






Picasso: une fille et son bateau

La rencontre avec la fée du monde fluvial.
Tatiana, Lyonnaise d'adoption se promenait sur les quais du Rhône, cherchait vaguement quelque chose d'atypique à acheter pour l'habiter. Un monsieur travaillait sur son bateau. Quelques mots d’échanges, une discussion  qui s'installe…. Tatiana lui demande s'il connaissait une péniche à vendre.  « oui, la mienne » lui répondit son interlocuteur. Tatiana l'a achetée en un coup de baguette magique. Plusieurs mois de restauration plus tard, après avoir tout démonté, déblayé deux tonnes de gravats, tout refait, elle habite désormais sur son château flottant. Enfin toute mesure gardée, drôle de demeure, le toit est à l'envers, immergé sous l'eau !

Son coup de cœur :
Cette péniche de 1923 qui jadis, transportait des céréales sur le Rhône et le Rhin est un modèle Freycinet. Son matériau de structure est en acier. Elle a été construite à Swinemüde (en Allemagne). Elle mesure 38,94 mètres de long sur 5,06 de large. Son moteur Gray marine lui permet de naviguer au gré des mille et une merveilles de notre planète mais le long des cours d’eau seulement. Elle pouvait transporter jusqu'à 455 tonnes de céréales (l'équivalent de 55 Twingo !).

Séquence émotion :

Un  jour à la recherche de son passé, Tatiana a pu retrouver le petit fils de l'un des mariniers qui a travaillé avec Barnum de très longues années. Un voyage dans le temps lorsqu'elle était en activité, à travers les saisons et intempéries. De son évolution et de ses modifications, des modes de vie à bord, des techniques d’amarrage. Comme il peut être constaté sur les photos,  l'absence des deux ancres aujourd'hui à l'avant ou encore le système pour s’approcher du quai avec des bâtons de bois.
Un hommage au marinier qui a pris soin de ce joyau avant elle: René de son prénom ; on voit d'ailleurs son nom inscrit en haut du gouvernail «  l'aviron » dans le jargon des mariniers.

Son petit fils contait à Tatiana que sa grand-mère avait pour coutume de l'attacher avec une corde pour le laisser jouer derrière la timonerie en toute sécurité.

Vivre son conte de fées tous les jours : 
Concrétiser son amour des bateaux, rénover un bateau selon ses goûts,  c'est un projet de toute une vie mais il faut de la patience et de la persévérance. Sinon gare à la transformation de son carrosse lorsque les douze coups de minuit retentissent.




Avec les hublots sur le Rhône et le plus beau des ports d'attache pour visiter cette belle ville lumière, il suffit de demander à la mascotte du bateau : le chat ! 
La vie à bord n'est pas un long fleuve tranquille. 
Certains maléfices (l'entretien, la sortie au chantier naval, l'administration) peuvent rôder et la belle d'eau douce peut prendre le risque de se piquer le doigt au fuseau d'un rouet. 
  
Mais, me direz-vous, la fille au bateau a-t-elle trouvé son prince charmant ? La légende lui connaît un fidèle compagnon nommé Calitendr.

Ne dit on pas que dans tous les contes de fées : « Feliciter vixerunt et multiplicatus nimis»   ?  
Tatiana est ainsi passée de la petite princesse russe, à « la fille à la péniche ».





jeudi 2 juin 2016

Aquarelles sur Rhône!

Les aquarellistes ont choisi comme thème les péniches du Rhône.
Bravo pour ces belles oeuvres et merci d'en faire profiter les lecteurs de ce blog!
Nous vous recommandons le blog de l'atelier d'aquarelle, à découvrir ici: http://emiliedhauteville.uniterre.com/