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lundi 23 mai 2022

Le Pardon des Mariniers, c'était ce dimanche !

 

C'était une belle fête ce dimanche aux abords de la darse de Confluence ! Bravo et merci à Didier et Michel, aidés par des membres du Collectif, d'avoir réussi à organiser malgré les retards à l'allumage des Collectivités, cette Fête conviviale où les gens "d'à bord" accueillent les gens "d'à terre".

De "Pardon des Mariniers" à "Fête des mariniers", seule la dénomination avait changée afin de laïciser cette fête.

Après la messe traditionnelle sur le bateau Chapelle le lien, ont suivi deux intronisations à la "Confrérie des Avalants Navieurs des Chemins de l’Eau" (voir ICI pour mieux comprendre).

Les stands de dégustation du Beaujolais ainsi que notre stand du Collectif ont attiré du monde. Nous avons largement informé les visiteurs intrigués par notre devise: "vivre sur l'eau". L'habitat alternatif est encore bien méconnu !

De nombreux bateaux venus pour la circonstance, étaient amarrés à couple voire à triple! Dont le bateau la Vorgine de  l’association Péniches du Val de Rhône, qui navigue depuis 2002 sur le Rhône et la Saône emmenant tout public soucieux de poser, au rythme lent de la navigation et des haltes fluviales, un regard différent sur son environnement. Y était présentée une exposition ""du tronc d'arbre au bateau du futur" réalisée par l'Alliance des Rhodaniens et Promofluvia.

Des promenades en bateau ont attiré bien des passants.

 

Un petit retour  sur l'histoire du Pardon des Mariniers.

De son nom d'origine "pardon national de la batellerie", cette fête se déroule traditionnellement, chaque année, le troisième week-end de mai ou juin depuis 1960 à Conflans-Ste Honorine, capitale française de la batellerie. C'est le père Gousset, aumonier du bateau chapelle de Conflans (le "Je sers") qui en fut l'initiateur. Son originalité tient dans sa nature commémorative à la fois civile et religieuse. Son objectif premier était d'honorer le souvenir des anciens combattants de la batellerie morts pour la France. 

Lyon, avec ses deux fleuves, a poursuivi la tradition. 

Le dimanche, la messe des bateaux est célébrée à bord d'un automoteur ou mieux comme nous avons la chance d'en avoir un à Lyon, à bord d'un bateau-chapelle amarré au même endroit (à Lyon sa devise est Le Lien). Après la messe, s'ensuit une bénédiction des bateaux qui rassemblés aux abords et décorés de fanions et drapeaux. 

À cette occasion, la "Confrérie des Avalants Navieurs des Chemins de l’Eau" intronise deux impétrants sur le bateau chapelle, qui se sont particulièrement illustrés dans la vie du fleuve et des bateaux.

Des épreuves leur sont imposées: faire un amarrage sur un bollard et boire un verre d'eau du fleuve (ne vous inquiétez pas, tout n'est que symbole, l'eau du fleuve est souvent remplacée par de l'eau de vie!). On leur remet alors la médaille en bronze des Navieurs (navigants en ancien français)


 

L'un des deux nouveaux intronisés ce dimanche était la Co-Présidente du Collectif les Péniches de Lyon, ainsi qu'un élu. 

C'est aussi l'occasion d'une grande fête populaire et une manifestation en l'honneur de la communauté marinière souvent dispersée qui trouve ainsi une occasion de se réunir.


 

Il est important que la Tradition se perpétue!

Donc à l'année prochaine pour une nouvelle fête des Mariniers.

 


 



jeudi 31 mars 2022

le Collectif des Péniches de Lyon s'engage!

Vivre sur l'eau ! c'est l'expression de notre vie à nous, habitants des quelques 85 péniches logement à Lyon sur la Saône et le Rhône.

Alors, quand on vit sur l'eau, la moindre des choses, c'est de prendre soin du fleuve qui nous accueille !

Pour cela, le Collectif les Péniches de Lyon s'engage:

- en faveur de la reconnaissance juridique du fleuve à travers "l'appel du Rhône" que nous avons signé parmi les premiers

- en faveur du recyclage des eaux usées à travers notre coopération avec la Métropole et VNF sur une étude visant à trouver le meilleur moyen de recycler nos eaux usées.

- en faveur du festival de l'eau 2022, le dimanche 2 Juillet, organisé par la Ville de Lyon, où nous réitérerons notre traditionnel "coup de balai dans l'eau" 7ème édition, pour sensibiliser à la pollution des fleuves. 10 associations de plongeurs et de défense de l'environnement y participeront.

- en faveur d'une énergie verte, comme certains bateaux qui ont installé des panneaux solaires et même à énergie positive

- en faveur des transports et produits bio, à travers notre participation à l'association "Fleuve de Liens" qui transporte et livre par péniche des produits alimentaires bio du Nord au Sud de la France, en passant par Lyon

- en solidarité avec les ukrainiens-ennes à travers un transport d'aide medicale et alimentaire par camion en Ukraine et en hébergeant des réfugiés-es dans nos chambres de mariniers

Le Collectif les Péniches de Lyon regroupe à présent officiellement les associations historiques (ARAHF, ALUVE) parce que "plus nous sommes nombreux et unis, plus notre parole est entendue"

Notre nouveau flyer de communication est édité et de nouveaux drapeaux flotteront bientôt aux mâts de nos péniches

 






 


mardi 6 avril 2021

Les bateaux logement, un patrimoine lyonnais

Les adhérents au Collectif les Péniches de Lyon (pour rappel environ une centaine de bateaux amarrés sur la Saône ou le Rhône à Lyon), ont accepté de faire une description historique de leur bateau, en tant que patrimoine lyonnais. En effet, pour la plupart, ces bateaux autrefois bateaux de commerce datant des années 1930, ont été sauvés du déchirage grâce à leur réhabilitation en logement.

Régulièrement, nous publions ces "fiches bateaux" sur notre blog.

Voici 4 d'entre eux (vous pouvez en trouver d'autres ICI)

 

 




jeudi 18 février 2021

Un bateau éco-responsable à Lyon - l'expérience de Camille

Ça faisait bien 6 mois que nous proposions à Camille Bajot, de relater son expérience de bateau éco- responsable.

Ce matin, nos rencontrons Camille pour qu'il nous raconte son histoire et sa démarche.

ENVIE D'AILLEURS- ENVIE D'EAU

Le projet de Camille date de bien longtemps!

Originaire de St Nizier d'Azergues, Camille très tôt a au fond de lui cette "envie d'ailleurs" et de liberté.

Alors d'abord, il voyage. Beaucoup. Dans plein de pays : Gibraltar, le Maroc, Londres, Hong Kong, le Qatar, Athènes, Afrique du Sud, Caraïbes, la Barbade etc... où il organise des évènements dans les domaines du sport et produit des contenus engagés pour des documentaires video. Bref, il explore!

Après cette première vie d'itinérance, il rentre à Lyon à la naissance de son fils avec ce qu'il appelle son "envie d'eau". Acheter un bateau est la réponse !

Mais pas n'importe lequel... Il ressent ce besoin d'être en phase avec son éveil à l'écologie, née de son intervention lors de la COP22 au Maroc et de partage d'un lieu de vie et d'activités.


UN BATEAU COMME LIEU DE VIES

Une annonce de la vente d'une barge le fait passer de l'envie à la réalisation.

En 2015, il achète le "Tonton Jacques" et le petit bateau en bois qui lui est attaché à couple, le Cali. Au départ, la barge Tonton-Jacques n'est qu'un ponton permettant d'accéder plus facilement au bas port pour le bateau Cali. Le précédent propriétaire l'avait petit à petit aménagée avec des matériaux de récup, ce qui plait bien à Camille.

Mais ce lieu lui donne des idées: en faire un lieu de vies, un tiers-lieu écolo. Alors il prend son crayon...

 

les premiers crayonnés

DU RÊVE À LA RÉALITÉ: UN BATEAU ÉCOLOGIQUE EXEMPLAIRE

Il rencontre des architectes, des artisans, un compagnon charpentier naval; répond à un appel à projet de la SPL Lyon Confluence "Eureka Club", le remporte avec 2 autres lauréats; crée une association d'abord Ek-Eau Studio, puis "Le Maquis" dont il donnera le nom à son bateau...

Pourquoi passer de "Tonton-Jacques à "Le Maquis"? Évident! Le maquis, en Afrique, c'est justement le nom d'un lieu qui fait société.

Le travaux peuvent commencer.

D'abord avec un projet architectural original dans lequel la beauté des formes devra être en osmose avec le projet : un lieu écologique à énergie positive.

Puis le choix des matériaux tous entièrement naturels et recyclables: une ossature bois pour les superstructures, une isolation bio-sourcée : granulats de liège pour le sol, fibre de bois pour les murs, ouate de cellulose pour les plafonds,  larges vitrages à contrôle solaire.

L'isolation réalisée, il passe au choix des énergies, renouvelables bien sûr!

Pour la production énergétique, les 18 panneaux photo-voltaïques sont dimensionnés pour couvrir la consommation annuelle. En réalité, sa production de 6 Megawatt/h se révèle excédentaire grâce à l'isolation et au contrôle des consommations, ce lui permet d'alimenter son petit bateau-logement à propulsion électrique amarré à couple du Marquis et dans un proche avenir, une borne pour un véhicule électrique.

Avec une pompe à chaleur réversible air/air labellisées A+ pour le chauffage et A++ pour le rafraichissement, la sobriété et le confort sont assurés.

Le tiers-lieu est ouvert en 2019 et lui sert de logement ainsi que de refuge pour ses initiatives associatives et entrepreneuriales. 

Le Maquis est né et à son bord le bateau logement à propulsion électrique de Camille

Le Comité de Pilotage du Collectif les Péniches de Lyon y est toujours le bienvenu pour notre plus grand plaisir.

 

LES FUTURS PROJETS?

Il reste encore des progrès à faire et Camille y est attentif.

• Une éolienne et une hydrolienne sont envisagées afin de développer la production électrique en hiver et viser l'autonomie énergétique. Mais ça attendra un peu car l'investissement est couteux.

• Un dispositif pour recycler les eaux usées et ne produire que des rejets propres (eaux brunes et grises). Le choix d'un des systèmes déjà étudiés par un cabinet d'études mandaté par l'ADHF-F (Association Nationale De l'Habitat Fluvial France) - est en attente à Lyon. Pour cela, une étude sera co-pilotée par VNF et la Métropole. Le Collectif les Péniches de Lyon en sera un des acteurs associés. Il faudra en effet zone par zone, bateau par bateau, étudier et sélectionner les systèmes les plus adéquats, entre le raccordement au réseau d'égouts, ou les barges de réception et de traitement par phyto-épuration, ou les systèmes de traitement embarqués (mini stations d'épuration individuelles par bateau).  Voir le rapport de l'étude ADHF-F ici: voir ici: https://www.adhf-f.org/pdf/Rapport_final_sepial.pdf.

• Des ateliers, débats, projections de documentaires, expos grand-public qui seraient installées en partie sur les quais afin que chacun puisse être sensibilisé aux impacts écologiques et la transition énergétique.

• Un livre en préparation "un voyage de barge" qui relatera les détails de cette aventure.

 

Camille sur son bateau (photo Laury Caplat)

Le Maquis, une expérience inspirante, que le Collectif les Péniches de Lyon suit avec attention et que certains autres bateaux du Collectif, sont déjà en train de reproduire.

Parce que l'eau sous toutes ses formes et notre environnement naturel sont nos biens communs et doivent être protégés.

 

PS: Camille tient à vivement remercier, une nouvelle fois, tous ceux qui ont cru au projet et contribué d’une façon ou d’une autre à sa réalisation !

 

samedi 24 octobre 2020

Le Coup de Balai dans l'Eau 2020

Samedi 24 Octobre, nous nous sommes retrouvés pour la 6ème édition du Coup de Balai dans l'Eau près de la capitainerie de la darse Confluence.

Cette année, ce sont 16 associations (plongeurs, écologie, environnement) qui ont participé à ce Coup de Balai avec le Collectif les Péniches de Lyon, auxquels s'étaient joints des citoyens engagés et des habitants de la Confluence, soit une bonne centaine de participants motivés par la qualité de l'eau.

Nous avions constitué des équipes de 6 personnes pour respecter les consignes sanitaires.

Chacun avait son matériel: les plongeurs leur équipement et des aimants pour localiser et remonter les déchets au fond de la darse; les habitants des péniches avec leur annexe (hors bords, canoés, barques) ont sillonné la Saône armés d'épuisettes et de pinces et les gens "d'à terre" pour les bords de la rivière.

À noter et à saluer: deux équipages de volontaires de VNF (Voies Navigables de France) étaient de la partie avec leurs bateaux.


« Résultat des courses » :
Au total 3 tonnes de déchets dont: 70 trottinettes, 3 vélos, 2kg de capsules, 220kg de bouteilles de verre, 1kg de mégots. Le reste n'a pas été pesé : canettes alu; bouteilles plastique; gobelets plastique; ferrailles diverses (barrières, tuyaux, morceaux de moteur non identifiés).
En plus par rapport à l'an dernier: des masques en quantité pharamineuse...
Et une valise pleine de vêtements !!

Tout a été trié et embarqué dans les deux bennes commandées pour la circonstance (payantes alors qu'il s'agit là d'un service public normalement pris en charge par la Métropole!)

Le Maire du 2ème était là une bonne partie de la matinée pour nous encourager.


 

Une entrée en fanfare!

Ce fut aussi l'occasion pour les deux petits bateaux du Collectif, d'entrer se réfugier dans la darse malgré l'interdiction incompréhensible qui leur avait été formulée par les services de la Métropole (voir article ICI).

Fortement impactés par les vents violents de la tempête Barbara, ils ont décidé, avec le soutien du Collectif, que le danger était trop important pour continuer à "squatter" des emplacements sur la Saône ou le Rhône non adaptés aux petits bateaux, alors que la darse est... vide!

Ils sont entrés sous les applaudissements, mais ne se font pas d'illusion... l'animosité des services de la Métropole vis à vis des bateaux habités (apparemment opposée à l'habitat alternatif) n'en sera pas calmée pour autant et ils se préparent à recevoir dès lundi un huissier et une contravention dite "de grande voirie".

Ceci malgré les interventions du Député de la circonscription et du Maire du 2ème (dont dépend le quartier), auprès du Président de la Métropole.

 


À suivre!!

jeudi 1 octobre 2020

Interdiction d'hiverner dans la darse pour les petits bateaux habités !

 

Interdiction d'hiverner dans la darse pour les petits bateaux habités !

Mais oui au remisage de bateaux vides... discrimination de la part de la Métropole?

 

Ce 21 Septembre 2020, le nouvel élu en charge des fleuves à la Métropole a refusé l'amarrage dans la darse Lyon-Confluence, à deux petits bateaux-logement adhérents au Collectif Les Péniches de Lyon, 10 jours avant leur entrée supposée dans la darse le 1er Octobre, alors qu'ils y hivernaient depuis 2014.

Malgré nos argumentations irréfutables, il est resté figé sur ses positions: pas de bateau habité dans la darse.

Aucune solution alternative n’existe sur les rives de Lyon et de sa Métropole, la darse de Confluence est la seule infrastructure laissant des places inoccupées tout au long de l’année pour les petits bateaux.

Il faut savoir que l'hiver (du 1er octobre à fin avril), la darse Lyon-Confluence, seule halte fluviale sous gestion de la Métropole, est quasi vide.

Ces petits bateaux-logement qui naviguent ou vont passer l'été dans un port privé, sont des lyonnais-es qui travaillent, vivent et scolarisent leur enfant dans le quartier de la Confluence.

Chaque année depuis 2016, le Collectif les Péniches de Lyon devait négocier pour qu'ils puissent obtenir l'autorisation de s'y amarrer d'Octobre à Mai comme le prévoient les textes de la gestion de la darse. Une fin heureuse était toujours trouvée en faveur de ces bateaux habités.

Cette année, malgré les nombreuses demandes écrites, aucune réponse n'ayant été apportée et le premier octobre étant tout proche, le Collectif les Péniches de Lyon a de nouveau rencontré avec la Métropole, l'incompréhension étant à son comble.

La réponse fut sans appel: "c'est non". À nos questions mainte fois répétées: "pour quelles raisons" aucune réponse claire n'a été apportée, sinon que la darse n’avait jamais eu vocation à recevoir des bateaux habités !

A cela s’ajoute :

Des supposées "nuisances sonores" dont les détails et plaignants ne nous ont pas été communiqués. Pensez-vous vraiment que deux bateaux habités l'un par un couple et l'autre par un couple avec un enfant de 4 ans seraient bruyants au point de déranger les habitations des immeubles voisins ? Laissons donc de côté ces supposées nuisances sonores qui ne sont pas crédibles.

L’évocation d’un "projet politique" en cours a également été évoquée.

De quel projet politique peut-il bien s'agir? Là aussi, mystère, aucune réponse n'ayant été apportée.

Et pourtant, la dernière délibération du conseil de Métropole de décembre 2019 spécifiait que des autorisations pouvaient être accordées pour l'hivernage des bateaux (avec les tarifs, les dimensions de bateaux etc). Le règlement de la darse prévoit cette même possibilité.

Les délibérations passées seraient-elles niées par le nouvel exécutif ? Aurait-il une animosité particulière envers cette forme d'habitat alternatif ?

Quelle sont les réelles raisons de cette incompréhensible décision sans concertation, quelques jours avant l'ouverture supposée de la darse le 1er octobre pour les hivernages?

Les arguments en faveur de cet hivernage de bateaux habités (non limités à ces deux bateaux) sont pourtant nombreux pour la Métropole:

- une redevance de 1800€ par bateau pour 7 mois, que payent chacun des bateaux à la Métropole, puisque la présence des bateaux est bien prévue et soumise à une Autorisation d’Occupation Temporaire payante. La Métropole n'a donc pas besoin d'argent?

- d'autre bateaux (commerciaux) ont reçu une autorisation à l'année... Deux poids, deux mesures? C'est donc de discrimination dont il s'agit là...

- le fait d'être sur le bateau est une garantie que celui-ci est en sécurité. En l'absence de surveillance de la darse en hiver, qui va surveiller les bateaux non habités?

- assurer la sécurité lorsque quelqu'un tombe à l'eau la nuit ou encore quand un des bateaux entreposé là, se met à gîter dangereusement suite à une avarie que personne ne pouvait constater sinon un autre bateau habité... Expériences vécues!

- apporter un peu de vie à ce quartier et à cette darse, vide en hiver, sinon les quelques bateaux commerciaux et de tourisme sans personne dessus ni surveillance. N'est-ce pas une bonne chose pour les habitants et les commerces du quartier?

- la participation active au traditionnel "coup de balai dans l'eau" du Collectif les Péniches de Lyon, auquel sont associés 19 associations, pour nettoyer la darse ses nombreux déchets qui la polluent et auquel la Métropole n'a jamais participé. N'est-ce pas une preuve que nous prenons soin de la darse?

 

Le Collectif les Péniches de Lyon, qui réunit une centaine de péniches d'habitation et d'activités sur Lyon (Saône et Rhône) soutient totalement ces deux petits bateaux et souhaite que la darse puisse s'ouvrir de nouveau, dans la mesure de ses capacités, à d'autres bateaux habités en hiver, plutôt que de rester désespérément vide. Cela apporte des ressources financières à la Métropole et garantit que la vie sur l'eau existe encore, même en hiver.

Un recours gracieux a été lancé auprès de la Métropole, le Défenseur des Droits a été saisi, la Mairie du 2ème est informée (la Confluence est un territoire du 2ème arrondissement), une pétition a été lancée (en ligne : https://www.change.org/desbateauxhabitésdansladarse

et sur papier en porte à porte ainsi qu'auprès des comités d'habitants).

Des actions de soutien sur les réseaux sociaux ainsi que sur place, vont démarrer dans les prochains jours.

Le nouvel éxécutif de la Métropole de Lyon avait-il vraiment besoin créer ce conflit inutile?

mercredi 20 mai 2020

Le renouveau du fret par la voie d'eau


En tant qu'habitants des fleuves, nous nous sentons concernés par la voie d'eau, c'est bien naturel. Alors nous nous sommes penchés sur le transport fluvial, hélas trop méconnu en France, et pourtant!
Le transport fluvial est le plus ancien moyen de transport au monde. 
Depuis le Moyen-Âge, il est la cause des choix d'implantation et l'extension de grandes villes, celles baignées par des fleuves, comme Lyon. 
C'est aussi grâce au transport fluvial, par la création des "chemins de halage" à l'époque où la motorisation n'existait pas, que nous avons un accès facile aux berges des fleuves.
La voie fluviale, ce moyen de transport historique a été petit à petit délaissé au profit du transport par camions et ferroviaire. 
Serait-ce temps aujourd'hui, de lui redonner sa juste place?
 
Le transport fluvial méconnu en France et pourtant...
Quoi de plus efficace pour des marchandises de gros tonnage comme les matériaux ou les céréales, qu'un bateau de gros gabarit (3 500 tonnes transportées), voire une simple péniche Freycinet (400 tonnes)! voir ici
Le transport fluvial représente 7,4 milliards de tonnes-kilomètres (t-km), soit environ 3,7% de l'ensemble du trafic terrestre national.
Le réseau fluvial en France de 8 500 km de voies d'eau navigables (fleuves et canaux), est le premier en Europe par sa longueur. Malgré cela, ce mode de transport est beaucoup moins développé en France que dans les autres pays d'Europe (Allemagne: 64 M t-km, Belgique 8,75 M t-km), Pays-Bas (45 M t-km). 


Cela est dû à la faiblesse des interconnexions entre les bassins fluviaux français et ceux de nos voisins. De nombreux projets ont été hélas abandonnés:
- le projet Rhin-Rhône, abandonné en juin 1997 par D. Voynet, Ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement de l'époque. 
- la liaison Seine-Est a fait l'objet d'études dans les années 1990, sans suite concrète.  
- la liaison Rhin-Danube avec le bassin Rhône-Saône n'a jamais vu le jour malgré les nombreux projets pourtant annoncés depuis plus de 20 ans.
-un tracé de la Saône à la Moselle, parallèle au canal des Vosges actuel a été en projet il y a 5 ans, mais resté sans suite... 
- une écluse a même été construite à grands frais dans cet objectif au Nord de Lyon, sur le Rhône amont dans les années 80... elle n'a jamais servie et est à présent inutilisable... 

Un renouveau?
La plus grande partie du réseau fluvial, soit 6 800 km a été confiée par l'État à VNF (Voies navigables de France), établissement public créé en 1991 pour gérer le réseau des voies navigables en France. 
Le patrimoine fluvial géré par VNF comprend 3 800 km de canaux, 2 900 km de fleuves, 419 barrages et 1 602 écluses. VNF et les principaux acteurs en France militent en faveur d'un redéploiement de l'utilisation de la voie d'eau. C'est ainsi que le trafic fluvial de frêt a pour la première fois depuis 40 ans, augmenté de 8% en 2019 en tonnes transportées. 
En 2019 également, un partenariat a été conclu avec EDF au terme duquel EDF s’engage à étudier systématiquement une solution fluviale et/ou fluvio-maritime pour l’ensemble de ses transports, en particulier pour l’acheminement de pièces lourdes, indivisibles et de grandes dimensions, à destination ou en provenance des sites de production, de maintenance ou de distribution d’électricité.


Un moyen de transport de fret bien plus écologique que le transport par camions.
Certes, le transport fluvial utilise à ce jour encore la motorisation diesel qui est certes polluante.
Mais si l'on considère la pollution à la tonne transportée, une péniche de grand gabarit est bien moins polluante que les camions. Une étude comparative menée en 2009 par VNF à l'aide d'un éco-calculateur a démontré qu'en moyenne, un convoi fluvial (2 péniches) transporte 5 000 tonnes, soit autant que 5 trains complets ou 250 camions. En termes de pollution, le convoi par voie fluviale consommerait 3,7 fois moins de carburant classique (diesel) que la route et polluerait quatre fois moins. Voir ici.

Réduire l'impact de la motorisation des péniches de transport
Aujourd'hui, les expérimentations fleurissent en matière de motorisation : l'utilisation du GNL (gaz naturel liquéfié), avec des stations d'approvisionnement des péniches sur les fleuves (alors qu'auparavant, le GNL devait être transporté par camion jusqu'aux ports fluviaux). Mais le GNL, s'il émet moins de GES, est supposé rejeter des particules fines autant qu'un diesel.
Les chercheurs se tournent donc vers les moteurs à hydrogène. En effet, le bateau est le véhicule idéal pour embarquer à la fois le système de production de l'hydrogène (combustible) et la pile à combustible (moteur électrique).  Des expérimentations sont en cours à Birmingham: un moteur diesel avec son réservoir de fuel ont été remplacés par un moteur électrique à haut rendement, une batterie d’accumulateurs électriques pour l’alimentation de pointe et une pile à combustible avec un accumulateur à hydrogène pour recharger les accumulateurs électriques. 
À Paris, avec le programme H2Ships, la même expérimentation est en cours depuis Juillet 2019, menée par le Syctom qui envisage de convertir à l’hydrogène une partie de sa flotte de barges en charge de l’acheminement des déchets sur la Seine. La mise en oeuvre est prévue pour 2022. 
À Lyon, une station de recharge pour moteurs à hydrogène (véhicules légers) est déjà en place dans le port Edouard Herriot.

Les contraintes du transport fluvial, question d'organisation
• Contrainte géographique : Certes une péniche se déplace plus lentement qu'un camion et est contrainte de décharger dans un port.
La contrainte géographique est donc réelle et avec elle le problème des fameux "derniers kilomètres". Cette contrainte est en passe d'être en partie résolue avec l'intermodalité (relier les terminaux portuaires par des voies ferrées et des unités de transport électrique pour l'approvisionnement des villes). Cette intermodalité existe déjà dans les grands ports fluviaux.  Ainsi les villes de  Paris, Lyon, Strasbourg et Lille ont été sélectionnées pour participer au projet de recherche ANR- FLUIDE qui a pour objectif d'organiser l'intermodalité des terminaux des villes arrosées par un fleuve navigable.

• L'autre contrainte est la lenteur : une péniche doit respecter la vitesse maximale de 12 à 20 Km/H  selon les types de voies d'eau utilisés. Mais là aussi, tout est une question de type d'utilisation et d'organisation. Ne comptez pas sur une péniche pour vous livrer votre repas en quelques heures ! Ce type de transport est réservé au frêt encombrant, lourd et non périssable (matériaux, céréales...) et dont la commande prévoit une livraison sur une semaine environ (selon la distance à parcourir).

Cependant, le coût à la tonne transportée étant 4 fois moins élevé que le camion, les logisticiens adeptes du "juste à temps" savent adapter leur planning au temps de transport.


Et la faune des fleuves alors?
Les grands axes fluviaux étant devenus des autoroutes, les hélices de propulsion ne sont pas sans impact sur la faune. Pollution mécanique donc (brassage de l'eau) et sonore pour les poissons, oiseaux et petits mammifères des berges.
À noter que la pollution sonore est peu perceptible par les humains.

En conclusion
Tant qu'il y aura des transports de marchandises, il y aura un impact sur notre environnement. L'idée étant que cet impact soit le plus faible possible. En ce sens, la voie d'eau semble promise à un bel avenir. Encore faut-il la faire connaitre!!


Les sources et bonnes adresses:
VNF: gestionnaire du domaine public fluvial
Eau France: service public d'information sur l'eau
Agir pour le Fluvial : Collectif créé à l’initiative de la Chambre Nationale de la Batellerie Artisanale (CNBA) et de 35 autres associations et syndicats. Objectif : rassembler tous les acteurs de la filière pour plaider la cause du transport fluvial auprès des pouvoirs publics.